16 oct

Comment aider votre enfant durant ses études ?

Le Soir | 12.06.2015


Votre rejeton est aux études et ce n’est pas toujours facile. Comment être présent sans l’étouffer ? L’aider à voler de ses propres ailes sans lui donner l’impression de le laisser tomber ?

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Que dire ? Que faire ? Quand intervenir et comment ? En quatre points clés, les conseils de Guillaume Carmon, psychologue.  

Tout le monde s’accorde à dire qu’être parent n’est pas un job facile. Les études sont une période de grands bouleversements et une importante source de stress pour tous les membres de la famille. Bien entendu, chaque histoire est différente. Il n’existe pas de recette miracle ni de méthodes infaillibles. Ces quelques pistes sont à adapter à votre situation personnelle. En cas de difficultés, gardez à l’esprit que vous pouvez faire appel à des structures d’aide, internes ou externes aux établissements d’enseignement, où des professionnels vous écouteront et vous conseilleront.

Apportez votre soutien moral à l’étudiant
Il s’agit d’un conseil capital qui peut avoir de réelles conséquences sur la réussite du jeune. Comment faire ? Posez-lui des questions sur ce qu’il fait, ce qu’il apprécie, sur la façon dont se déroulent les cours et la vie sur le campus, sur les difficultés auxquelles il est confronté au jour le jour. L’idée est d’entamer un dialogue entre adultes, sans hiérarchie et sans intention de contrôle. Cet intérêt suscitera un fort sentiment de confiance chez le jeune qui se sentira accompagné dans son cursus et soutenu dans ses décisions. Des études scientifiques démontrent que lorsqu’il sent que son entourage croit en lui, en son potentiel et le considère capable de mener à bien son projet, cela renforce son estime de lui, ce qui a un impact positif sur ses performances. Soyez présents en cas de besoin mais non intrusifs. Encouragez-le si vous constatez une baisse de moral, un changement de comportement soudain et une perte de confiance en ses capacités, signes qui doivent vous alerter que quelque chose ne va pas.

Adaptez la vie de famille à son rythme d’étude
Pour aider votre enfant, vous pouvez proposer de lui donner un coup de pouce dans l’organisation de la vie quotidienne, ce qui lui facilitera la tâche tout au long de l’année et plus particulièrement en période de blocus et examens.  Comment faire ? S’il vit en kot, proposez de l’aider dans les tâches ménagères ou de faire quelques courses à sa place. Si vous avez le temps, cuisinez-lui des repas équilibrés à emporter pour la semaine ou invitez-le à rentrer à la maison durant les sessions d’examens. S’il réside encore sous votre toit, accordez-lui de petites attentions telles que lui préparer ses repas, éviter le bruit dans la pièce où il étudie, proposez de le conduire aux cours et aux examens, etc. De façon générale, tentez autant que faire se peut d’organiser la vie de famille en fonction de l’horaire de l’étudiant mais ne vous imposez pas une discipline militaire pour autant. L’important est de trouver un équilibre où chacun se sent respecté.

Libérez-vous de vos peurs et ne vous surinvestissez pas
Il est légitime, en tant que parents, d’avoir des inquiétudes quant à la réussite de votre enfant. Un sentiment d’impuissance peut même vous envahir tant il s’avère difficile de tout contrôler, de l’obliger à suivre les cours, à étudier régulièrement, etc.
Il faut apprendre à lâcher prise et ne pas vous focaliser sur vos angoisses car le risque quand on est trop stressé, est de transmettre cette émotion négative au jeune, qui doit déjà gérer son propre stress. Comment faire ? Relativisez et gardez à l’esprit que l’échec n’est pas une fin en soi. Tout dépend de ce que l’on en fait, de la manière dont on s’en sert pour rebondir. N’oubliez pas qu’il est utile et même formateur de laisser votre enfant faire ses propres expériences, qu’elles soient négatives ou positives. Vous pouvez également entamer une discussion honnête avec lui en lui exposant calmement vos appréhensions. Vous ne le voyez pas assez étudier à votre goût ? Plutôt que de le culpabiliser à coup de petites piques cinglantes, parlez-en avec lui, partagez vos inquiétudes, vos croyances en ses capacités et vos souhaits de réussite pour lui. Cette discussion permet de s’exprimer sur le sujet, sur ses craintes, sans que ce soit hiérarchisé et de réitérer sa confiance en ses capacités.

Définissez les responsabilités de chaque partie
Face aux études, les parents et l’étudiant ont chacun leur part de responsabilités. Il s’agit d’un contrat tacite entre les premiers qui assurent un rôle de soutien et le second qui doit tout mettre en oeuvre pour réussir ses études.
Comment faire ? Il est important que les rôles et les attentes des deux parties soient bien définies et assumées afin d’éviter les tensions et la frustration tant dans l’échec que la réussite. En cas de surinvestissement des parents, le jeune peut se sentir dépouillé de sa mission. Il décroche, ce qui exacerbe la pression des parents, etc. C’est un cercle vicieux. A contrario, il est important que le jeune puisse légitimement s’attribuer les mérites de sa réussite.